Les Noces de Londres

« Et tandis que les docks charriaient des tonnes d'or, Londres s'étalait autour de Job
comme un gros pâté de salaisons pour estomac géant... »

71 pages. Couverture souple illustrée & dessins : Laurent Zunino.  130 x 170 mm.
Préface de Jacques Layani.

ISBN : 9782951346017

Publié le 28 mars 2000 par La Mémoire et la Mer, collection Les Étoiles.
Écrit très vraisemblablement entre février et avril 1950, après que Léo Ferré se fut rendu en Angleterre pour participer brièvement au tournage du long-métrage La Cage d'or de Basil Dearden, Les Noces de Londres est le chaînon manquant entre l'opéra La Vie d'artiste, resté inédit à ce jour, et le « feuilleton lyrique » De sacs et de cordes. Comme ces deux œuvres, Les Noces... témoigne d'une volonté de produire un hybride, à cheval sur plusieurs registres et plusieurs genres. Ici, le poème allégorique, le théâtre et le cabaret, dans la droite ligne du carnavalesque Opéra de quat' sous, avec quoi Ferré dialogue ouvertement, dans ses figures d'emprunt (assassins, putains, gueux de tous poils...), dans sa jovialité grinçante et son dédain de la forme dite « dramatique », propre au théâtre bourgeois.

Pour Ferré, Londres est avant tout un archétype littéraire, celui de la ville interlope dépeinte par Brecht bien sûr, où nobles, bourgeois et truands forment un seul et même monde, cimenté par l'Argent, mais aussi celui de la ville portuaire, pourvoyeuse d'exotisme à peu de frais, foisonnante scène symbolique où le fret universel et les passions humaines viennent se heurter dans les plus violents contrastes. Le lieu circulatoire par excellence, idéal pour accueillir une forme désordonnée, chaotique presque dans ses écritures agglutinées, avec pas moins de cinq emprunts à La Vie d'artiste et une dizaine de poésies à paraître dans le futur recueil Poète... vos papiers !, séquencées au pas de charge par un Ferré peu soucieux du liant. Un seul objectif : dénoncer le mensonge social dans quoi nous acceptons de vivre.

Si les salauds sont sauvés chez Brecht, Ferré va plus loin encore : les innocents sont condamnés. Là où absolument tout et jusqu'à l'improbable se monnaye (mémorable scène du Camelot !), la société ne saurait tolérer la pureté du désintéressement. L'injustice est donc la règle. C'est un monde sans espoir qui est dépeint dans cette œuvre de jeunesse restée inédite pendant cinquante ans, mais paradoxalement, cela se lit le sourire aux lèvres, peut-être parce que Ferré ne s'appesantit pas et lâche la bride à sa cocasserie naturelle, que l'on retrouvera dans certains passages de Benoît Misère, et plus tard dans des œuvres dialoguées comme L'Opéra du pauvre et L'Opéra des rats.
« Eh l'homme ! Je t'accuse en me divertissant. » Approchez mesdames ! Approchez messieurs ! le spectacle commence...

Alaric Perrolier – 2017
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