Les Chansons interdites... et autres

« Petit soldat deviendra grand
Et s'en ira les pieds devant »

Textes & musiques : Léo Ferré
Sauf textes : Léo Ferré & Francis Claude (Regardez-les), Jean-Roger Caussimon (Nous deux)

Arrangements & direction musicale : Jean-Michel Defaye (« Franck Aussman »)
Prise de son : Gerhard Lehner
Production exécutive : Jean Fernandez
Crédits visuels : Roland Carré

Enregistré les 18 février, 17 mars, 26 avril (pistes 1 à 8) et les 11, 16, 30 octobre (pistes 9 à 20) 1961 aux Studios Barclay, Paris (France).
Publié en septembre (pistes 1 à 4) et novembre (pistes 9 à 16) 1961, en juillet 1967 (piste 5), en 1979 (pistes 6, 7, 17, 18), en 2003 (piste 8) et en 2013 (pistes 19, 20), par Barclay et Barclay-Universal.

Après s'être fendu d'une rutilante carte de visite grand-public (Paname), après avoir « assis la beauté sur ses genoux » (Les Chansons d'Aragon), Léo Ferré continue de s'éployer sans faiblir mais pousse le bouchon trop loin cette fois. Entré en studio pour enregistrer un album de pur combat, sans quoi sa lyre ne serait pas ce qu'elle est, Ferré voit ses charges anti-militaristes et ses professions de foi libertaires partir au pilon, bien que le disque ait été gravé et pressé (pistes 1 à 8). Dur rappel à l'ordre. Dans une France en guerre et sous tension, Barclay n'est pas prêt à prendre n'importe quel risque. Un p'tit coup de censure interne vaut mieux qu'une bombe de l'OAS ou des ennuis avec le pouvoir. Trouille infondée ? Business is business.

Léo n'exprimera jamais ses sentiments sur cette avanie, mais sa normalisation subséquente par la machine Barclay peut nous donner une idée de son état de désorientation. En effet, quelques mois après, douze nouveaux titres sont enregistrés (pistes 9 à 20) pour être commercialisés à l'occasion de son retour au théâtre de l'Alhambra à Paris. Alors qu'ils auraient pu paraître sur un 33 tours 30 cm, ils subissent un saucissonnage désordonné (certaines chansons restent sur le carreau sans qu'on sache pourquoi) pour débarquer en super 45 tours bas de gamme, faciles à écouler, pas vu pas pris. L'artiste voulait repousser les limites ; le voilà vendu comme du « savon à barbe », ravalé au rang de bon petit produit sécable.

Le présent assemblage vient mettre de l'ordre dans cette histoire chaotique. Il rend compte du tiraillement de Léo Ferré durant ces années-là, partagé entre aspiration spontanée à la radicalité et souci moral de réactivité « socio-politique » d'un côté, inextinguible soif de reconnaissance et désir de « réussir » de l'autre. Deux manières contradictoires de se positionner face au temps présent. Éclairant.

Alaric Perrolier – 2019

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