Prenez garde à la poésie

« Comm’ change en un clin d’œil
Un ciel qui s’ croit en deuil
Quand le soleil s’en mêle
On va changer d’ refrain »

Textes & musiques : Léo Ferré
Sauf textes : Guillaume Apollinaire (Le Pont Mirabeau), Rutebeuf (Pauvre Rutebeuf)
 
Léo Ferré, piano
Jean Cardon, accordéon
Barthélémy Rosso, guitare
 
Prise de son : Bernard Leroux, RTF
Crédits visuels : Hubert Grooteclaes (montage photo), Alaric Perrolier (graphisme)

Enregistré en public à l'Opéra-Comique le 26 décembre 1955 (pistes 6 & 7), au Théâtre Gramont (Paris) le 25 mai 1955 (pistes 1 à 5), le 1er mars (pistes 8 à 12) et le 9 juin 1956 (pistes 13 & 14).
Publié « immatériellement » le 24 décembre 2019 par La Mémoire et la Mer.

Si l’on a pu souligner ici et là les difficultés de Léo Ferré à se faire reconnaître au début de sa carrière par les professionnels du monde de la chanson, entre indifférence, mépris, incompréhension ou hostilité, on n’a que trop peu évoqué le contexte simultanément favorable qui lui a permis d'être au contraire reconnu et promu, à savoir la politique culturelle de la radiodiffusion française d’après-guerre.

 

Ferré arrive en effet au moment où l’institution, sous l’impulsion de son directeur Paul Gilson, offre à la poésie un espace non-marchand d’expression et d’expérimentation dont vont s’emparer lettrés et poètes, avec fraîcheur et éclectisme, dans un esprit ouvert aux formes populaires, y compris chantées, et un souci de partage du meilleur aloi.

 

Cette intelligentsia qui met la main à la pâte, va sans chichi reconnaître en Ferré un authentique poète et jouer un rôle non négligeable dans la construction de la persona de l’artiste. À ce titre, nous avions pu découvrir précédemment l'appui apporté par un animateur tel que le poète Luc Bérimont. Les archives que nous mettons aujourd’hui à votre disposition documentent l’admiration et le soutien d’un collègue tel que Philippe Soupault, fringant secoueur de cocotiers dans les années 1920, bras-dessus bras-dessous avec Aragon et Breton, auteur avec ce dernier des Champs magnétiques, première prose automatique de l’univers connu et mesurable ; un héros du Surréalisme.

 

En 1955, alors qu’il quitte temporairement la semi-confidentialité des cabarets pour la lumière du music-hall, et en 1956, année de gestation et d’accouchement riche en amitiés fécondes, Léo Ferré est invité à trois reprises chez Soupault et son acolyte Jean Chouquet dans l’éphémère mais néanmoins joyeuse émission Prenez garde à la poésie, pot-pourri bon enfant de chanteurs connus et aimés du public, de comédiens disant des poèmes, présenté en public avec légèreté sinon potacherie par un duo appelé à se faire connaître.

 

Ferré y interprète ses deux grands succès d’alors (Paris canaille et Le Piano du pauvre, dont nous n’avions alors que fort peu de versions live), mais aussi et bien sûr ses premiers poètes mis en musique, Apollinaire et Rutebeuf, ainsi que quelques chansons de son nouvel album, nous donnant par là le loisir de redécouvrir sous un jour peut-être meilleur certaines d’entre elles.

 

À l’hiver 1955, alors même qu’à son tour André Breton allait se manifester en désirant rencontrer Léo Ferré, pour qui il aurait le coup de cœur que l’on sait, l’écrivain Louise de Vilmorin, d'un autre style et d'une autre sphère, s’éprend elle aussi du « divin Léo », qui courtoisement à son invitation répond et vient interpréter deux chansons de son choix dans l’émission La Joie de vivre consacrée à l’auteur de Madame de…

 

Ces archives vous sont ici présentées chronologiquement et intégralement.

 

Alaric Perrolier – 2019

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