On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans

« Je sais d'étranges morts qui ne pourrissent pas
Et qui sont beaux comme la chair adolescente,
Ce sont ceux-là dont les vivants parlent tout bas,
Anges assassinés de leur jeunesse ardente... »

Textes & musiques : Léo Ferré
Sauf textes :
  • Arthur Rimbaud (On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans)
  • Paul Verlaine (Colloque sentimental, Si tu ne mourus pas)
  • Guillaume Apollinaire (Les Cloches & La Tzigane, Marie)
  • Charles Baudelaire (Je te donne ces vers, L'Examen de minuit & Dorothée)
Orchestre symphonique de la RAI-Milan
Giuseppe Magnani, violon solo
Alberto Caroldi, hautbois solo
Léo Ferré, clavier analogique

Orchestrations & direction musicale : Léo Ferré
Prise de son & réalisation : Paolo Bocchi
Production & réalisation artistique : Léo Ferré
Coordination : Michel Larmand
Crédits visuels : Hubert Grooteclaes

Enregistré du 21 au 25 novembre 1986 au Studio Regson, Milan (Italie).
Publié en décembre 1986 par EPM.
Entre le jaillissement de la création et le moment de son imprimatur, un décalage est apparu au fil des ans, menaçant toujours plus Léo Ferré de dispersion et nourrissant chez lui un désir persistant de forme totalisante, comme pour mieux circonscrire le chantier perpétuel de son œuvre et apaiser le sentiment du retard accumulé ; promesse imparfaitement tenue, évidemment, car c'eût été pour lui se rapprocher de son propre terme.

Ainsi au début des années 1980 Ferré dispose-t-il d'une cinquantaine de chansons prêtes à être enregistrées, parfois depuis des années. Lesquelles privilégier ? À cela s'ajoute son intérêt toujours vivace pour la mise en musique des poètes : un troisième album Baudelaire maquetté depuis la fin 1977, un ambitieux cycle Apollinaire, un nouveau cycle Rimbaud, ou encore un projet d'album exclusivement consacré aux poésies satiriques de son recueil Poète... vos papiers !. Ensablé dans un mirage de chaises musicales l'empêchant de choisir telle direction plutôt que telle autre, pessimiste sans doute sur sa capacité à mener le tout à bien avant de passer l'arme à gauche, Léo change de méthode et découvre les charmes du pot-pourri. Initialement envisagé comme un triple album de 23 titres, son nouvel album propose 16 titres finalement, tirés de ses différents travaux en cours.

Pour donner sens et cohésion à ce florilège, Léo Ferré vogue d'une jeunesse à l'autre, celle de son fils et la sienne, les siennes. Le temps a passé, semble nous dire la photographie de la pochette, qui renvoie immanquablement au portrait ornant celle de L'Espoir, treize ans plus tôt. L'enfant est devenu un jeune homme, promis aux euphories et aux chagrins des amours adolescentes – si joliment dépeints par Arthur Rimbaud. Mais le temps est chose enchevêtrée, aussi cet état d'être du fils symbolique nous mène-t-il à l'origine choisie du père, sa renaissance mythique dans l'amour partagé avec Marie et dans la promesse faite à cette dernière de lui donner l'enfant. Né et célébré en son temps, cet enfant – la Vie ! – reste donc à venir, de toute éternité. Naître, aimer, créer, périr, demain, hier... Le poète se rit des chemins linéaires et dans la spirale baroque de ses memento mori nous offre le secret d'une jouvence sans cesse recommencée.

Alaric Perrolier – 2017
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